Le "reste à charge" en baisse depuis 2009

Dépenses de santé

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La part non remboursée des dépenses de santé, ou reste à charge, a légèrement diminué en 2009 et 2010, a annoncé mercredi 14 septembre le ministère de la Santé. Selon les chiffres de la Direction de la recherche, des études et des évaluations et des statistiques, (Drees) qui dépend notamment de ce ministère, le reste à charge avait atteint un pic de 9,7 % en 2008 et est redescendu à 9,6 % en 2009 et 9,4 % en 2010.

Ce phénomène s'explique par l'importance croissante du remboursement à 100 % par l'assurance maladie des soins des malades chroniques ou affections de longue durée (ALD), telles que le diabète, la maladie d'Alzheimer ou encore la mucoviscidose, qui fait augmenter statistiquement la moyenne de la prise en charge. Cependant, d'autres mesures gouvernementales, prises il y a quelques années, ont eu pour effet de faire augmenter ce reste à charge, parmi lesquelles la franchise de 50 centimes sur chaque boîte de médicaments, la baisse du taux de remboursement de certains médicaments ou encore la hausse du forfait hospitalier journalier passé de 16 à 18 euros.

"Contrairement à ce qu'affirment certains, la prise en charge par la solidarité nationale est toujours aussi élevée, et la somme qui reste à la charge des ménages est la plus faible d'Europe, après les Pays-Bas", précisait mercredi dans le quotidien Les Échos le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui présidait le même jour la Commission des comptes de la Santé.

Pour les soins de ville (non hospitaliers), les chiffres de la Drees établissent que le reste à charge s'établit à 12 % : la prise en charge par l'assurance maladie n'est plus que de 55 % en moyenne tandis que les complémentaires santé remboursent 33 %. Pour les médicaments les patients participent à hauteur de 16,3 %. Pour l'hôpital le reste à charge s'élève à 3,2 %. Pour les soins ambulatoires (soins de nature hospitalière sans nuit passée à l'hôpital), il atteint les 12,7 %.

Selon la Drees, le montant total des dépenses courantes de santé a atteint 234,1 milliards d'euros en 2010, soit 12,1 % du PIB de la France. La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), qui représente les trois-quarts des dépenses, s'est élevée à 175 milliards d'euros pour atteindre 2 698 euros par habitant. Le rapport fait également état d'une stabilisation de la croissance de la consommation des médicaments en 2010. Toutefois, le Xavier Bertrand rappelle qu'elle s'élève tout de même à 525 euros par habitant.

Illustration : juanjo tugores - Fotolia.com

G.B. avec AFP